L’OCDE a publié ce mardi 8 septembre 2026 les résultats de la neuvième édition de son enquête PISA (Programme international pour le suivi des acquis des élèves), qui évalue tous les trois ans les compétences des élèves de 15 ans en mathématiques, en compréhension de l’écrit et en sciences. Réalisée auprès de 760 000 élèves dans 91 pays et territoires, cette édition confirme une tendance déjà observée en 2022 : le niveau moyen des élèves français atteint son point le plus bas depuis le lancement de l’enquête il y a plus de vingt ans, notamment en lecture et compréhension de l’écrit.
En compréhension de l’écrit, le score moyen s’établit à 456 points, contre 474 points en 2022 – une baisse de 18 points qui porte la perte cumulée à plus de 40 points en dix ans. La France se classe au 28e rang dans cette matière, pourtant transversale à tous les apprentissages scolaires.
Un tiers des jeunes ne maîtrisent pas les compétences de lecture
Un tiers de nos élèves de 15 ans, 33 % très exactement, ne maîtrisent plus les compétences de lecture nécessaires pour apprendre et pour agir dans la vie courante. Ils étaient 15 % en 2000.
Chez Corneille, nous refusons deux réflexes qui reviennent à chaque publication de ces résultats.
Le réflexe du bouc émissaire. Accuser les écrans, et croire que les interdire réglerait le problème, ne résiste pas à l’examen. Le temps de loisir sur écran des élèves français (3 heures par jour) est inférieur à la moyenne OCDE (3,4 heures) et à celui de pays qui nous devancent nettement, comme la Pologne ou l’Estonie. Ce n’est donc pas la variable qui explique notre décrochage spécifique.
Le réflexe du fatalisme. Dire que « le niveau baisse partout, il n’y a rien à faire » ignore que le recul français est plus rapide que la moyenne, et surtout plus profondément inégalitaire. L’écart entre élèves favorisés et défavorisés atteint 91 points en lecture, contre 77 en moyenne dans l’OCDE : la France reste l’un des pays où l’origine sociale pèse le plus lourd sur la réussite en lecture.
Ce qui recule vraiment
Trois éléments d’analyse plus fine ont attiré notre attention dans la note d’information publiée aujourd’hui, jeudi 11 septembre, par la DEPP :
La part d’élèves en difficulté en compréhension de l’écrit continue d’augmenter
Les élèves sont répartis en neuf niveaux de compétence. En deçà du niveau 2 de l’échelle, les élèves ne sont pas en capacité d’utiliser leurs compétences de lecture pour acquérir des connaissances et faire face à des situations pratiques. Ces élèves sont considérés comme étant en difficulté.
Sous le niveau 2 en particulier, la proportion d’élèves atteint 33 % en 2025 ; elle s’élevait à 27 % en 2022, 21 % en 2018 et 15 % en 2000. Dans l’OCDE en 2025, cette part est en moyenne de 30 %.
De fortes inégalités sociales de réussite en compréhension de l’écrit
PISA permet d’évaluer l’écart de performances entre les élèves selon le milieu socio-économique et culturel dont ils sont issus. Pour cela, un indice de statut économique, social et culturel (SESC), regroupe des informations déclarées par les élèves dans le questionnaire de contexte annexe à l’évaluation cognitive. Ces informations portent sur le niveau d’éducation de leurs parents, leur profession et sur l’accès du foyer à la culture et à diverses ressources matérielles. La France est l’un des pays de l’OCDE où la différence de résultats entre les élèves très favorisés et les élèves très défavorisés est la plus marquée. En compréhension de l’écrit, l’écart est de 91 points, contre 77 points en moyenne dans l’OCDE.
Un soutien familial déclaré en baisse en France et dans la plupart des pays de l’OCDE
Dans PISA, un indice de soutien familial est mesuré à partir des réponses des élèves sur l’aide et l’intérêt manifestés par leurs parents ou tuteurs pour leur scolarité et leurs apprentissages. En France comme dans la plupart des pays de l’OCDE, les élèves déclarent en 2025 bénéficier d’un soutien familial moins important qu’en 2022.
Chez Corneille, nous refusons de céder aux débats simplistes sur la pertinence ou la partialité des performances mesurées par l’enquête PISA, qui ne manquent pas de ressurgir à chaque nouvelle publication des résultats alarmants.
Le vrai levier : faire de la lecture une habitude, pas un exercice
On ne répare pas une compétence qui se construit dans la durée avec un dispositif ponctuel. La lecture n’est pas un chapitre du programme scolaire, c’est une pratique qui doit s’inscrire dans la vie de tous les jours, au même titre que le brossage de dents ou le repas du soir. Un enfant qui associe la lecture au plaisir, dès la maternelle, avant même de savoir déchiffrer parfaitement, construit un rapport à l’écrit qui résiste ensuite à la pression scolaire et à la comparaison avec les écrans.
Mais lire ne suffit pas. Comprendre un texte en profondeur, le questionner, en retenir quelque chose de personnel, cela passe par l’écriture. Résumer ce qu’on a lu, reformuler une idée avec ses propres mots, noter une question qu’un texte nous a laissée : ce sont des gestes simples, mais ce sont des gestes actifs, qui transforment une lecture passive en une véritable appropriation. Écrire pour comprendre n’est pas un supplément pédagogique, c’est la moitié du chemin vers la compréhension elle-même.
Chez Corneille, nous considérons qu’il est important de se confronter au constat dans son ensemble et de proposer de le prendre en compte de plusieurs manières :
- en améliorant les compétences des enfants dès leurs premiers contacts avec l’écrit, notamment en maternelle, en renforçant le travail sur la phonologie et les pré-requis de la lecture.
Cette démarche est au cœur de Corneille, notre application d’aide à l’apprentissage de la lecture pour les tout petits, dès 3 ans.
- en proposant des solutions innovantes et accessibles de remédiation lorsque les difficultés se sont installées chez les adolescents et les adultes, afin de briser le cercle vicieux de la honte et de l’évitement et de lutter contre les inégalités.
C’est l’objectif de Racine, notre nouvelle plateforme de remédiation pour les adolescents et les adultes en difficulté persistante de lecture.
- en refusant le débat stérile se bornant à diaboliser l’usage des écrans sans distinction et en militant pour un usage raisonné et utile d’outils devenus incontournables dans nos vies et non-amenés à disparaître du monde réel.
C’est le cœur de notre Charte d’Usage, Le bon moment, le bon geste.
- en remettant au centre des apprentissages la complémentarité entre l’école et l’environnement familial grâce à des outils pertinents, basés sur la recherche, validés par le ministère de l’éducation nationale, mais aussi ludiques, favorisant l’implication des parents, et dont la prise en main et l’utilisation ne nécessitent aucune compétence particulière.

